Flying Fifteen – Condensé des principaux conseils de réglages

Les indications qui suivent représentent un condensé des différents conseils de réglages fournis notamment par Steve Goacher et Alan Bax :

www.goachersails.co.uk (Site Map/One Design Classes/Flying Fifteen/Tuning Guide)

www.pinbax.com (Sails and Tuning/Tuning Guides/Flying Fifteen Rig Tuning Guide).

Sans autre précision, les mesures indiquées correspondent au Mk IX Ovington. Il est conseillé de bien noter les mesures de son bateau avant de procéder à toute modification.

Pour informations complémentaires et conseils détaillés, voir aussi le Guide to Faster Flying Fifteens de David McKee (ex-Président de la BIFFFA), et le Speed Sail's tuning guide de Richard Estaugh (ainsi que le compte-rendu d’une session d’entraînement faite par le même au Derwent Reservoir Sailing Club : Tuning Your Fifteen).
 

1. Mât / Haubans : réglages respectifs de Goacher et Bax

La position du pied de mât par rapport à la quille et au tableau arrière varie d’un modèle à l’autre, il n’y a donc pas de mesure universelle.

S’assurer que le mât est maintenu latéralement à l’étambrai. S’il y a du jeu, ajouter des cales latérales (des deux côtés, éviter toute dissymétrie).

Le pied de mât doit lui aussi être fermement maintenu. S’il y avait du jeu, le pied de mât se déplacerait, contrariant les réglages.  

Quand il est en place et sous tension, s’assurer que le mât est parfaitement vertical : les mesures de longueur sont à prendre avec la drisse de grand-voile, sur un point symétrique des listons bâbord et tribord.  

Barres de flèche : réglages Goacher

Mât

Longueur (A)

Profondeur (B)

Epsilon

430 mm

165 mm

M2

430 mm

180 mm

Ces dimensions sont données pour des bateaux dont les cadènes sont fixées aux plats-bords. Si elles sont fixées à la coque, la longueur doit être légèrement diminuée.

Spreader Angles

Barres de flèche : réglages Bax

Mât 

Longueur (A)

Profondeur (B)

Epsilon

422 mm

197-210 mm

M2

422 mm

175 mm

La longueur des barres de flèche varie d’un modèle à l’autre. Ces valeurs sont données pour le Mk IX. Dans des bateaux plus anciens, comme les Wyche & Coppock, les fixations sont placées plus à l’intérieur, ce qui nécessite de raccourcir les barres de flèche de 15-20mm.

Spreader Angles

 

 

 

 


Quête et tension : réglages Goacher

Par tous les temps, utiliser 24'10½" / 7580 mm pour la quête de mât. La mesure est à prendre sans hale-bas, de la bande de jauge au tableau. Elle est donnée pour du Dyform 3.0 mm, avec une jauge Superspars à 28½. Attention, les jauges de tension ne sont pas sérieusement calibrées. C’est pourquoi nous ne faisons référence qu’aux chiffres effectivement lus sans donner d’équivalence. 

 

NB. 1 pied = 12 pouces = 12 x 2,54 cm = 30,48 cm

Quête et tension : réglages Bax

  Vent (nœuds)

1-6

7-10

11-15

16-20

21+

Quête

7595 mm

7570 mm

7545 mm

7520 mm

7500 mm

24'11"

24'10"

24'9"

24'8"

24'7"

Tension haubans (M2/Epsilon)

Jauge Superspars

350 lbs

(160 kgs)

400 lbs

(180 kgs)

 

400 lbs

(180 kgs)

 

400 lbs

(180 kgs)

350 lbs

(160 kgs)

La quête est mesurée de la bande de jauge de tête de mât au centre de l’arête du tableau arrière. Pour référence, la distance de la bande de jauge au vit-de-mulet est de 6248 mm (20'6"). La tension est mesurée 1 mètre au-dessus du pont.


2. Table et conseils de réglages Goacher

 

Vent

Equipier sous le vent

Barreur au vent, équipier au centre

Barreur et équipier au vent

Barreur et équipier au rappel, excès de puissance intermittent

Excès de puissance permanent

Tension

Relâcher pour laisser le bord d’attaque s’arrondir

28.5

28.5

28.5

Relâcher de 0.5

Hale-bas

NON

NON

NON

Reprendre en même temps que la cale d’étambrai est relâchée

Augmenter à la demande

Ecoute de foc

Mollie, à l’intérieur

A l’intérieur

A l’extérieur, border jusqu’à ce que les penons flottent horizontalement

A l’extérieur, border jusqu’à ce que les penons flottent horizontalement

Bordée à fond

Ecoute de grand-voile

Mollie

Faire flotter les penons

Faire flotter les penons

Bôme débordée de 10-13 cm (par rapport à la ligne centrale)

Bôme débordée de 15-20 cm

Pré-cintrage

Cintre maxi

Reprendre de 13 à 25 mm

Mât droit

Relâcher à la demande

Relâcher à la demande

Bordure

OUI

OUI

OUI

OUI

OUI

Cunningham

 

 

 

 

A étarquer en dernier ressort

 

Réglage du génois
Au près dans le petit temps et le medium, tous les penons – au vent et sous le vent – doivent être horizontaux.  Pour ajuster la tension d’écoute, on peut :
* déplacer le chariot vers l’avant en soulageant l’écoute. Cela fera gagner en vitesse mais perdre en cap.
* déplacer le chariot vers l’arrière. Cela nécessitera de border l’écoute pour faire flotter les penons correctement. Le bateau pointera plus haut mais perdra en vitesse. Dans la brise, on évacue l’excès de puissance en reculant le point de tire et en bordant plat. La pression du vent ouvre automatiquement le haut de la voile alors que le bas est aplati par la tension de l’écoute. Se rappeler aussi que l’augmentation de la quête du mât fait reculer le foc, abaisser le point d’écoute et ouvrir la chute. La position du point de tire doit alors être ajustée.

Pour régler l’écoute de foc, le plus important est d’en surveiller la chute à travers la fenêtre de guindant de grand-voile.  Border le génois fermera le couloir et aura tendance à faire décrocher le penon de chute. Pour faire le meilleur cap, naviguer à la limite de ce décrochage donnera les meilleurs résultats. Quand le vent montera, la tête du génois aura tendance à se creuser et se refermer vers la grand-voile. L’habitude de garder un œil sur le génois permettra facilement de savoir à quel moment relâcher un peu la tension des haubans pour ouvrir le haut de la voile – au moment où on se retrouve en excès de puissance constant.

 

Se souvenir que dans les petits airs et le medium la capacité de pointer haut est due à un couloir étroit et une chute de grand-voile fermée. Tandis que lorsqu’on est en excès de puissance, pointer haut est presque toujours obtenu en minimisant la trainée et la dérive grâce au fait d’aplatir la voilure et d’augmenter le vrillage.  

Grand-voile
Dans les petits airs, le bas de la grand-voile doit être maintenu tout près de la ligne centrale du bateau, le hale-bas est molli et la grande écoute réglée pour que le penon de la latte supérieure flotte (juste). Quand barreur et équipier sont tous deux au vent, la grande écoute peut être rebordée jusqu’à ce que le penon du haut ne flotte que partiellement.

 

Quand barreur et équipier doivent se mettre au rappel, reprendre un peu de hale-bas. On peut laisser la bôme se décaler de 2 à 5 cm de la ligne centrale sans trop de vrillage s’il y a du clapot.

 

Quand on se trouve progressivement en excès de puissance, reprendre d’abord du hale-bas. Laisser filer la bôme pour garder le bateau presque plat. En eau plate, la bôme ne doit normalement pas déborder de plus de la moitié du quartier, et en cas de clapot de pas plus que le quartier. Si ces mesures sont insuffisantes pour garder le bateau plat, il faut alors augmenter le cintre du mât.

Cintre du mât
On applique du pré-cintrage quand l’équipier est sous le vent ou au centre du bateau. Au-delà, reprendre de la cale d’étambrai pour le ramener bien droit (ce qui ferme la chute de grand-voile et maximise puissance et cap), jusqu’à ce qu’on se trouve en excès de puissance. En excès de puissance intermittent, relâcher la cale et mettre graduellement du hale-bas.

En excès de puissance permanent, relâcher la tension du gréement de 1/2" (comme expliqué pour le réglage du génois) et ajuster la cale d’étambrai pour contrôler la puissance. Le gréement paraîtra beaucoup plus élastique et facile à contrôler une fois la tension réduite. Penser à remettre de la tension si le vent mollit, sinon la puissance et le cap en souffriraient.

Quête de mât
Nous recommandons un réglage de quête unique. En cas de quête excessive, c’est la vitesse au vent arrière qui est sacrifiée.

Naviguer au portant
Dans le petit temps, le barreur veille à l’équilibre du bateau et s’avance pour ne pas laisser traîner la voûte. Surveiller les turbulences du sillage. Pas de coups de barre, s’efforcer de « cajoler » le bateau pour l’amener dans la bonne direction avec une barre légère et un peu de gîte. Ne pas oublier de régler le génois en  permanence – ne pas le laisser décrocher. Enrouler le génois quand sa chute se referme complètement sur la grand-voile.

L’équipier règle la hauteur du tangon pour obtenir un friselis régulier du bord d’attaque du spi et le garder ! Un bord d’attaque qui ne frise pas indique une voile trop bordée. Garder le tangon le plus au vent possible sans créer de distorsion de la voile.

Au portant, le mât le plus vertical possible donnera en général la meilleure vitesse. Augmenter le creux de la grand-voile par le réglage de la bordure en évitant de déventer le spi. En cas d’excès de puissance dans les bords de largue, brider la grand-voile pour garder le centre d’effort à l’avant. Reprendre la bordure, mollir le hale-bas et remettre du cintre. Barreur et équipier se reculent pour garder le safran dans l’eau. 

 


3. Table de réglages Pinnell & Bax 2005

 

VENT (nœuds)

 

1 - 6

7 - 10

11 - 15

16 - 20

21 +

QUETE

METRIQUE

7595 mm

7570 mm

7545 mm

7520 mm

7500 mm

 

IMPERIAL

24’11’’

24’10’’

24’9’’

24’8’’

24’7’’

TENSION (aux haubans, jauge Superspars)

M2 / EPS

350 lbs

 

400 lbs

 

400 lbs

 

400 lbs

 

350 lbs

 

ETAMBRAI

PRE CINTRER

30 mm

Neutre

- 10 mm

Neutre

PRE CINTRER

10 mm

PRE CINTRER

 20 mm

BORDURE DE GRAND-VOILE

LACHER 20 mm

LACHER 10 mm

ETARQUEE

ETARQUEE A FOND

ETARQUEE A FOND

HALE-BAS

 

ZERO

REPRENDRE LE MOU

MEDIUM

MAXIMUM

MAXIMUM

 

PRINCIPE

 

Le 2ème penon en partant du haut doit décrocher 50% du temps

Contrôler le vrillage et aplatir la grand-voile

CUNNINGHAM (au près)

ZERO

ZERO

ZERO

MEDIUM

MAXIMUM

ECOUTE DE GRAND-VOILE

TRES PEU

(ne pas fermer la chute)

Essayer de garder la bôme au centre et contrôler le vrillage en équilibrant écoute et hale-bas

LAISSER FILER POUR RESTER PLAT

IDEM

CHARIOTS D’ECOUTE DE FOC depuis :

LIGNE CENTRALE

400 mm

400 mm

400 mm

400 mm

400 mm

 

TABLEAU ARRIERE

2800 mm

2840 mm

2880 mm

2840 mm

2820 mm

2820 mm

GUINDANT DE FOC

Laisser des rides perpendiculaires au guindant

Laisser des rides

Laisser des rides

Supprimer les rides

Etarquer à fond

ECOUTE DE FOC

Border jusqu’à ce que tous les penons flottent horizontalement

Ecoute bordée à fond, choquer dans les surventes

 

CUNNINGHAM : Peut être également utilisé au portant dans la brise, pour aplatir la grand-voile, ouvrir la chute et laisser le vent s’écouler.

QUETE DE MAT : Mesurée de la bande de jauge noire de tête de mat (sachant que la distance de la bande de jauge au vit-de-mulet doit être de 6248 mm / 20’6’’) au centre de l’arête supérieure du tableau arrière.

 

 


4. Principaux conseils de David McKee

LE BATEAU
Depuis quelques années, les tolérances se sont resserrées et les formes de coque et de quille n’évoluent presque plus. Bien entretenus, les bateaux anciens restent compétitifs. Une règle récente permet de les repeser chaque année et comme beaucoup de bateaux ont des correcteurs de poids, il est désormais possible de leur garder le poids minimum pendant de nombreuses années.

 

La quille devrait être également au poids minimum (169 kgs). Si la vôtre est au-dessus, je recommande de la forer pour l’alléger, en conformité avec les règles de classe. Elle devrait également être au maximum du profil latéral autorisé.

 

Les safrans modernes optimisent les tolérances pour donner un bord d’attaque plus vertical et ainsi un toucher de barre plus fin. Le safran doit être au poids minimum (3,8 kgs). Les axes sont généralement inox avec en haut et en bas des paliers nylon qui ont tendance à s’user, source de jeu et de vibrations. Les remplacer dans ce cas.

 

Coque, quille et safran doivent être parfaitement lisses et propres.

LE GREEMENT

Les mâts les plus courants sont le Superspars M2 et le Proctor Epsilon. Le pied de mât est généralement placé à 3777 mm de la face arrière du tableau (jusqu’au boulon arrière de pied de mât). La quête est mesurée en attachant un décamètre à ruban à la drisse de grand-voile et en bloquant la drisse quand on lit 6248 mm entre la bande noire de tête de mât et le vit-de-mulet. Dans cette position, la quête est mesurée entre la bande de tête de mât et le centre du tableau. Avec le génois hissé pour 350 lbs de tension de gréement, la quête devrait être approximativement de 7570 mm (24' 10"). Pour des équipages légers dans la brise, la quête peut être augmentée jusqu’à 7500 mm (24' 7").

 

Des deux fabricants de voiles qui naviguent dans la classe, Goacher préfère un mât légèrement plus droit avec moins de quête. Alan Bax de Pinnell & Bax utilise un peu plus de quête et de pré-cintrage. Les deux réglages donnent des performances similaires sur un triangle, c’est donc à vous de faire votre choix et d’être en phase avec les réglages de base recommandés par votre voilier.

L’EQUIPEMENT

Pour réussir une mise au point optimale des voiles, il faut que tous les systèmes puissent jouer librement, aient la bonne démultiplication, soient étalonnés et tombent parfaitement sous la main. Les spécifications majeures sont les suivantes :

Grande écoute

La majorité des bateaux utilisent maintenant une écoute montée sur une patte d’oie, avec une estrope double fixée de chaque côté du tableau arrière et une écoute qui revient le long de la bôme jusqu’à la tourelle centrale. Dans la brise, une démultiplication supplémentaire peut être ajoutée, pour un contrôle plus facile de la grand-voile. L’avantage de l’écoute arrière réside dans la capacité à centrer la bôme dans le petit temps et le medium. Il existe avec ce système un risque de surborder et de brider la chute, il faut donc border doucement et bien regarder ses penons de chute. Ce système n’est pas très efficace pour réguler la tension de la chute lorsque la bôme est débordée. Dans la brise, un bon système de hale-bas sera indispensable pour ramener la bôme vers le bas.

Rails d’écoutes de foc

Avec un large génois recouvrant, la position du chariot et la tension de l’écoute jouent un rôle capital dans les performances. Les positions de base du chariot sont à vérifier avec votre voilier. La tension de l’écoute doit être régulée en s’assurant que les penons portent simultanément dans des conditions de vent normales. Dans la brise, les penons du haut doivent décrocher en premier.

 

La tendance récente est d’utiliser des chariots sur roulements réglables depuis la position de rappel au vent. Il est toujours utile dans la brise de reculer le chariot à mesure que le vent monte afin d’empêcher le couloir entre le génois et la grand-voile de trop se fermer quand la grand-voile est choquée dans les risées. La position des chariots d’écoute de foc est cruciale pour les performances et peut dans la brise faire toute la différence entre se battre contre le bateau et être capable de se concentrer sur la course et la tactique. Je recule les chariots de jusqu’à 15 cm par forte brise.

Cale d’étambrai  

Le contrôle de la position du mât à l’étambrai va beaucoup conditionner le cintre du mât et le profil de la grand-voile, donc les performances. La tendance est d’utiliser un levier sous le pont pour à la fois bloquer tout cintrage du mât ou au contraire le pré-cintrer. Le génois hissé, avec une tension de 350 lbs, et la cale de mât libre, je marque des deux côtés de l’étambrai la position neutre que le mât adopte naturellement.  

 

Quand barreur et équipier sont au vent, je repousse le mât d’à peu près 10 mm en arrière de la position neutre. Quand je me retrouve avec trop de puissance, je reviens à la position neutre. Quand l’équipier est au milieu du cockpit, je relâche la cale. Et dès que l’équipier est obligé d’aller sous le vent, je tire le mât vers l’avant presque au maximum pour créer un pré-cintrage qui va aplatir la voile, libérer la chute et permettre au bateau d’avancer.

Tension de gréement

Les voiliers fournissent des recommandations de tensions de gréement en fonction des forces de vent. Pour les mâts standards, elles vont en gros de 300 à 400 lbs. Il est important d’étalonner ces tensions et de disposer d’une commande de réglage facile. Dans la forte brise, diminuer la tension jusqu’à 250 lbs est assez efficace. Sur plans d’eau intérieurs où les conditions sont par définition très changeantes, je recommande une tension moyenne autour de 350 lbs.

Bordure et Hale-bas

Il existe différents systèmes pour ces réglages. L’important est qu’ils soient bien placés et suffisamment démultipliés pour être repris facilement en navigation.

ETALONNER

Il est capital d’étalonner les principaux réglages, et d’avoir des marques repères pour reproduire les positions de base. Marquer la drisse de grand-voile, la tension de gréement, les rails d’écoutes de foc, et la balancine. Je recommande aussi l’étalonnage des écoutes de foc, qui permet à l’équipier de re-régler très vite après un virement et d’obtenir un réglage homogène sur les deux amures. Sans repère, beaucoup d’équipiers ont tendance à régler le génois différemment d’une amure à l’autre.

MENER LE BATEAU

Si vous naviguez sur des plans d’eau intérieurs, les conditions peuvent être extrêmement changeantes. Le vent peut souffler en rafales et mieux vaut alors choisir de bons réglages moyens pour pouvoir se concentrer sur la vitesse, la tactique et la stratégie, plutôt que de chercher à ajuster constamment le gréement.

 

Dans ces conditions, les réglages clés sont le hale-bas et les écoutes. La partie basse du génois est bordée à l’intérieur. On génère ainsi au niveau du bas de la grand-voile un recouvrement important, mais qui se réduit rapidement vers le haut, et tout le haut de la grand-voile peut travailler dans de l’air frais non perturbé par le génois.

 

Cela donne le vrillage caractéristique de la grand-voile : proche de la ligne centrale dans sa partie basse, la chute assez ouverte au-dessus du couloir. Quand le gréement se retrouve en excès de puissance, il est nécessaire de soulager la grand-voile d’une façon qui n’oblige pas à laisser filer la bôme trop loin de la ligne centrale – pour éviter le déventement de la partie basse de la voile. On y parvient en utilisant le cunningham, la tension du gréement, le rail d’écoute de foc et le hale-bas.

 

Dans les petits airs, l’équipier s’assoit sous le vent et le barreur à l’intérieur pour créer de la gîte. La bôme est bordée légèrement à peut-être 10 cm de la ligne centrale, le hale-bas maximum pour cintrer le mat et aplatir le bas de la grand-voile. La tension du gréement peut être réduite pour permettre le cintrage du mât à la hauteur des haubans.

 

Quand le vent monte, l’équipier vient au milieu, la tension de gréement peut être augmentée à 300-350 lbs, les rails d’écoute de génois reviennent à leur position standard et la cale d’étambrai à sa position neutre. Prendre garde à ne pas surborder la grand-voile, une chute trop fermée ralentirait le bateau.

 

Dans la brise : barreur et équipier au rappel, tension de gréement au maximum (350-400 lbs), cale de mât 10 mm vers l’arrière.

 

Si le vent continue à monter, le bateau se retrouve en excès de puissance et il faut alors prendre des mesures progressives pour dissiper cette puissance. La tension de gréement doit être réduite, la position de pré-cintrage neutre appliquée et la bordure et le cunningham graduellement étarqués. Dans des conditions extrêmes, les rails d’écoute de foc seront reculés au maximum et on pourra donner davantage de quête au mat. Dans la brise, une tension trop forte du hale-bas peut créer des faux plis dans la grand-voile, entre les barres de flèche et le point d’écoute, ce qui affecte fortement le profil de la voile. Réduire dans ce cas la tension du hale-bas jusqu’à faire disparaître les faux plis.

CONCLUSION

Dans la classe Flying Fifteen, les vitesses des bateaux sont très proches, les manches très disputées. Stratégie et tactique sont les principaux facteurs de succès. Cependant, tous ceux qui sont prêts à se donner du mal pour garder le bateau plat gagneront beaucoup à mieux comprendre l’effet des réglages et se donner la possibilité de “changer de rapport” avec les conditions.

©David McKee 2001

 

 


5. Principaux conseils de Richard Estaugh

Tension de gréement

En mettant le gréement en tension, on réduit la courbure du guindant de foc et on en raidit son bord d’attaque. Cela permet de pointer plus haut, mais en réduisant la tolérance du foc aux variations du vent et à l’effet des vagues, on augmente donc le risque de décrochage. Par conséquent, dans des conditions de clapot ou dans une forte brise, nous naviguons avec un peu moins de tension, 350 lbs. Dans toutes les autres conditions, nous naviguons avec 400 lbs.

Quête de mât

La quête de mât est mesurée du haut du mât au haut du tableau, la cale d’étambrai relâchée. Nous recommandons de naviguer avec une quête de 24' 10" – 24' 11"  dans toutes les conditions. Nous préférons ne pas toucher aux ridoirs de haubans (si les conditions changent on se retrouve avec un mauvais réglage) mais de dissiper la puissance autrement. Pour les équipages légers cependant, cela peut valoir la peine d’augmenter la quête dans une forte brise établie.  

Pré-cintrage

Une fois réglées la tension et la quête, vérifier le pré-cintrage avec la cale d’étambrai en position neutre (c’est-à-dire quand aucune force n’y est appliquée). Nous naviguons avec un pré-cintrage de 1" (2,54 cm) mesuré en amenant la drisse de grand-voile bien tendue à toucher le mât au niveau du vit-de-mulet. La distance entre le mât et la drisse à la hauteur des barres de flèche est le pré-cintrage. Vous pouvez être amené à modifier l’angulation des barres de flèche vers l’avant ou vers l’arrière pour obtenir le pré-cintrage désiré – ceci n’affectera pas vos réglages de quête et de tension.

Position de la quille

Sur l’Ovington Mark 9 Smoothy, nous positionnons l’avant du bourrelet de quille à 3940 mm du tableau (les boulons avant à 3885 mm du tableau). Sur l’Ovington Mark 10, la quille est un peu plus en arrière, l’avant du bourrelet à 3912 mm du tableau (les boulons avant à 3857 mm du tableau).

Cale d’étambrai

La cale d’étambrai contrôle le creux de la partie inférieure de la grand-voile en contrôlant le cintre de la partie basse du mât. Le gréement à 400 lbs, le hale-bas molli, marquer la position neutre de chaque côté.

 

0-5 nœuds : Quand l’équipier est assis sous le vent, pré-cintrer le mât en l’amenant vers l’avant (de 10 mm ou plus) afin d’aplatir la grand-voile. Un vent faible aura en effet du mal à s’écouler sur une surface incurvée.

 

5-10 nœuds : Dès que l’équipier est assis au milieu, laisser la cale revenir à sa position neutre.

 

10-15 nœuds : Quand barreur et équipier sont assis au vent ou au rappel, remettre le mât bien droit en le tirant vers l’arrière de 12-13 mm depuis sa position neutre. Cela donne de la puissance à la grand-voile.

 

15+ nœuds : Lorsqu’on se retrouve en excès de puissance, laisser la cale revenir à sa position neutre et faire progressivement cintrer le mât de 10 mm.

Hale-bas

Le hale-bas contrôle le vrillage de la grand-voile et est utilisé en conjonction avec la grande écoute. Il faut conserver la grand-voile aussi près que possible de la ligne centrale jusqu’à ce qu’on se retrouve en excès de puissance. Dans les petits airs, on utilise la tension de grande écoute pour contrôler le vrillage de la chute, puis on reprend le mou du hale-bas. Quand on est amené à choquer, chercher à mettre suffisamment de hale-bas pour que le plus haut penon de chute flotte horizontalement 80% du temps, c’est-à-dire qu’il décroche de temps en temps.

Bordure

Au près, la bordure doit être étarquée jusqu’à la bande noire dans toutes les conditions, sauf dans le petit temps accompagné de clapot où on peut la mollir de 1,5 cm. Vent arrière, mollir de 2-3 cm (sauf si en excès de puissance, auquel cas ne pas y toucher). Au largue, ne mollir que de 1,5 cm pour garder la surface de voilure maximum.

Cunningham

A n’utiliser qu’au près à partir de 15 nœuds et au-delà. Dans ces conditions, on peut s’en servir pour supprimer une partie des plis qui se forment à partir du guindant de grand-voile. Mais ne pas chercher à les supprimer totalement.

Génois

La tension est réglée à 400 lbs comme point de départ. Certains profils de voiles peuvent demander des tensions différentes, mais l’idée générale est que plus la tension est forte moins le guindant est arrondi (un guindant arrondi creuse le foc) et mieux le bateau peut pointer. Mollir la tension du gréement va effectivement creuser le foc et donner plus de vitesse et moins de cap, mais cela va aussi permettre au mât de se cintrer davantage, ce qui sera avantageux dans la forte brise et dans le petit temps (une grand-voile plate est plus efficace dans les petits airs) car on ouvre ainsi la chute et on dissipe la puissance.

 

La tension du tissu le long du guindant de foc (le gréement par ailleurs sous tension) affecte également le creux. Etarquer le guindant ramène le creux sur l’avant et réduit la capacité à faire du cap. Le garder molli procure une entrée plus fine et permet ainsi de pointer plus haut, mais barrer devient plus délicat. Comme règle de base simple, quand on prend dans la main le bout de tension du guindant au niveau du point d’amure, on doit pouvoir le tirer vers le bas de 6-7 mm (¼") avant qu’il ne durcisse.

 

Les angles entre l’écoute de foc et d’une part sa bordure d’autre part sa chute doivent être d’environ 45 degrés, avec là aussi des variations possibles d’un modèle de voile à l’autre. Utiliser les trois penons comme guide, et changer l’angle de tire pour leur permettre de flotter tous ensemble. Quand le vent monte, on peut déplacer le chariot de 2-3 cm vers l’arrière, bien que relâcher un peu la tension du gréement permette aussi de mieux aplatir la partie basse du foc. On pourra éventuellement dissiper de la puissance en choquant l’écoute de foc de 12-13 mm (½") sans perdre beaucoup de cap. On marquera les écoutes de foc, ce qui permettra de reproduire exactement sur l’autre amure le meilleur réglage. Essayer aussi de noter les réglages qui fonctionnent le mieux selon les conditions. Par ailleurs, quand le vent faiblit et que l’équipier doit rentrer à l’intérieur, il est judicieux de choquer légèrement l’écoute de foc (12-13 mm, pas plus) afin de conserver la vitesse et d’éviter les décrochages. Naviguer au près avec les penons de foc au vent à 45 degrés (sauf dans les petits airs) donne le meilleur cap et dissipe l’excès de puissance sans perdre en vitesse.

Grand-voile

Prendre garde à ne pas surétarquer la drisse de grand-voile dans le petit temps, cela aurait le même effet que de souquer le cunningham, c’est-à-dire ramener le creux vers l’avant, ce qui n’est jamais très bon dans les petits airs. En fonction du modèle, la voile aura besoin d’être hissée jusqu’à 12-13 mm (½") en-dessous de la bande noire. Cela ne s’applique ni au medium ni à la brise.

 

Pour les bateaux gréés avec une patte d’oie de grande écoute, s’assurer que la double estrope est suffisamment longue pour passer dans la poulie de bout de bôme. Sinon, on aura du mal à régler l’écoute dans le petit temps. Dans les petits airs, on cherche à conserver la bôme près de la ligne centrale, mais sans surborder (surborder fermerait la chute et ferait décrocher la voile).

 

Régler la grande écoute (ou le hale-bas, dans des conditions plus musclées) de façon à ce que le penon du haut soit au bord du décrochement 20-30% du temps. Quand on a trop de puissance, reprendre du hale-bas et choquer de l’écoute. On peut aussi diminuer la tension du gréement et relâcher la cale d’étambrai. N’utiliser le cunningham que lorsqu’on a beaucoup d’excès de puissance, et ne pas chercher à supprimer tous les plis de la voile avec le cunningham car on ouvrirait trop la chute et on perdrait en cap. Essayer de garder la grande écoute en main, pas au coinceur, pour bien accompagner le vent. Comme pour le foc, si le vent mollit, choquer un peu d’écoute etc.

 

Au près, conserver la bordure étarquée dans toutes les conditions (la relâcher éventuellement de 12-13 mm dans le medium en cas de clapot). Au vent arrière la laisser filer de 50 mm, au largue moitié moins.

 

Conserver le bateau plat au portant, et plutôt légèrement gîté au près.

 


Mise à jour : 10 janvier 2006 – Michel Pélegrin