Les indications qui
suivent représentent un condensé des différents conseils de réglages fournis notamment
par Steve Goacher et Alan Bax :
www.goachersails.co.uk (Site Map/One
Design Classes/Flying Fifteen/Tuning Guide)
www.pinbax.com (Sails and Tuning/Tuning
Guides/Flying Fifteen Rig Tuning Guide).
Sans autre précision, les mesures indiquées
correspondent au Mk IX Ovington. Il est conseillé de bien noter les mesures de
son bateau avant de procéder à toute modification.
Pour informations complémentaires et conseils
détaillés, voir aussi le Guide to Faster Flying
Fifteens de David McKee (ex-Président de la BIFFFA), et le Speed Sail's
tuning guide de Richard Estaugh (ainsi que le compte-rendu d’une session d’entraînement
faite par le même au Derwent Reservoir Sailing Club : Tuning Your Fifteen).
La position du pied de
mât par rapport à la quille et au tableau arrière varie d’un modèle à l’autre,
il n’y a donc pas de mesure universelle.
S’assurer que le mât est maintenu
latéralement à l’étambrai. S’il y a du jeu, ajouter des cales latérales (des
deux côtés, éviter toute dissymétrie).
Le pied de mât doit lui aussi être
fermement maintenu. S’il y avait du jeu, le pied de mât se déplacerait, contrariant
les réglages.
Quand il est en place et sous tension, s’assurer
que le mât est parfaitement vertical : les mesures de longueur sont à prendre
avec la drisse de grand-voile, sur un point symétrique des listons bâbord et
tribord.
Ces dimensions sont données pour des bateaux dont les cadènes
sont fixées aux plats-bords. Si elles sont fixées à la coque, la longueur
doit être légèrement diminuée.
|
|
La longueur des barres de flèche varie d’un modèle à
l’autre. Ces valeurs sont données pour le Mk IX. Dans des bateaux plus
anciens, comme les Wyche & Coppock, les fixations sont placées plus à
l’intérieur, ce qui nécessite de raccourcir les barres de flèche de 15-20mm.
|
|
Par tous les temps, utiliser 24'10½" / 7580 mm pour la quête de mât. La
mesure est à prendre sans hale-bas, de la bande de jauge au tableau. Elle est
donnée pour du Dyform 3.0 mm, avec une jauge Superspars à 28½. Attention, les
jauges de tension ne sont pas sérieusement calibrées. C’est pourquoi nous ne
faisons référence qu’aux chiffres effectivement lus sans donner
d’équivalence.
NB. 1 pied = 12 pouces = 12 x 2,54
cm = 30,48 cm
|
Vent (nœuds) |
1-6 |
7-10 |
11-15 |
16-20 |
21+ |
|
Quête |
7595 mm |
7570 mm |
7545 mm |
7520 mm |
7500 mm |
|
24'11" |
24'10" |
24'9" |
24'8" |
24'7" |
|
|
Tension haubans (M2/Epsilon) Jauge Superspars |
350 lbs (160 kgs) |
400 lbs (180 kgs) |
400 lbs (180 kgs) |
400 lbs (180 kgs) |
350 lbs (160 kgs) |
La quête est
mesurée de la bande de jauge de tête de mât au centre de l’arête du tableau
arrière. Pour référence, la distance de la bande de jauge au vit-de-mulet est
de 6248 mm (20'6"). La tension est mesurée 1 mètre au-dessus du pont.
|
Vent |
Equipier sous le vent |
Barreur au vent, équipier au
centre |
Barreur et équipier au vent |
Barreur et équipier au rappel,
excès de puissance intermittent |
Excès de puissance permanent |
|
Tension |
Relâcher pour laisser le bord d’attaque
s’arrondir |
28.5 |
28.5 |
28.5 |
Relâcher de 0.5 |
|
Hale-bas |
NON |
NON |
NON |
Reprendre en même temps que la cale d’étambrai
est relâchée |
Augmenter à la demande |
|
Ecoute de foc |
Mollie, à l’intérieur |
A l’intérieur |
A l’extérieur, border jusqu’à ce que les penons flottent
horizontalement |
A l’extérieur, border jusqu’à ce que les penons
flottent horizontalement |
Bordée à fond |
|
Ecoute de
grand-voile |
Mollie |
Faire flotter les penons |
Faire flotter les penons |
Bôme débordée de 10-13 cm (par rapport à la
ligne centrale) |
Bôme débordée de 15-20 cm |
|
Pré-cintrage |
Cintre maxi |
Reprendre de 13 à 25 mm |
Mât droit |
Relâcher à la demande |
Relâcher à la demande |
|
Bordure |
OUI |
OUI |
OUI |
OUI |
OUI |
|
Cunningham |
|
|
|
|
A étarquer en dernier ressort |
Réglage
du génois
Au près dans le petit
temps et le medium, tous les penons – au vent et sous le vent – doivent être
horizontaux. Pour ajuster la tension
d’écoute, on peut :
* déplacer le chariot vers l’avant en soulageant l’écoute. Cela fera gagner en
vitesse mais perdre en cap.
* déplacer le chariot vers l’arrière. Cela nécessitera de border l’écoute pour
faire flotter les penons correctement. Le bateau pointera plus haut mais perdra
en vitesse. Dans la brise, on évacue l’excès de puissance en reculant le point
de tire et en bordant plat. La pression du vent ouvre automatiquement le haut
de la voile alors que le bas est aplati par la tension de l’écoute. Se rappeler
aussi que l’augmentation de la quête du mât fait reculer le foc, abaisser le
point d’écoute et ouvrir la chute. La position du point de tire doit alors être
ajustée.
Pour régler l’écoute de foc, le plus important est d’en surveiller la chute à
travers la fenêtre de guindant de grand-voile.
Border le génois fermera le couloir et aura tendance à faire décrocher
le penon de chute. Pour faire le meilleur cap, naviguer à la limite de ce décrochage
donnera les meilleurs résultats. Quand le vent montera, la tête du génois aura
tendance à se creuser et se refermer vers la grand-voile. L’habitude de garder
un œil sur le génois permettra facilement de savoir à quel moment relâcher un
peu la tension des haubans pour ouvrir le haut de la voile – au moment où on se
retrouve en excès de puissance constant.
Se souvenir
que dans les petits airs et le medium la capacité de pointer haut est due à un
couloir étroit et une chute de grand-voile fermée. Tandis que lorsqu’on est en
excès de puissance, pointer haut est presque toujours obtenu en minimisant la
trainée et la dérive grâce au fait d’aplatir la voilure et d’augmenter le
vrillage.
Grand-voile
Dans les petits airs,
le bas de la grand-voile doit être maintenu tout près de la ligne centrale du
bateau, le hale-bas est molli et la grande écoute réglée pour que le penon de
la latte supérieure flotte (juste). Quand barreur et équipier sont tous deux au
vent, la grande écoute peut être rebordée jusqu’à ce que le penon du haut ne
flotte que partiellement.
Quand barreur
et équipier doivent se mettre au rappel, reprendre un peu de hale-bas. On peut
laisser la bôme se décaler de 2 à 5 cm de la ligne centrale sans trop de
vrillage s’il y a du clapot.
Quand on se
trouve progressivement en excès de puissance, reprendre d’abord du hale-bas.
Laisser filer la bôme pour garder le bateau presque plat. En eau plate, la bôme
ne doit normalement pas déborder de plus de la moitié du quartier, et en cas de
clapot de pas plus que le quartier. Si ces mesures sont insuffisantes pour
garder le bateau plat, il faut alors augmenter le cintre du mât.
Cintre du mât
On applique du
pré-cintrage quand l’équipier est sous le vent ou au centre du bateau. Au-delà,
reprendre de la cale d’étambrai pour le ramener bien droit (ce qui ferme la
chute de grand-voile et maximise puissance et cap), jusqu’à ce qu’on se trouve
en excès de puissance. En excès de puissance intermittent, relâcher la cale et
mettre graduellement du hale-bas.
En excès de puissance
permanent, relâcher la tension du gréement de 1/2" (comme expliqué pour le
réglage du génois) et ajuster la cale d’étambrai pour contrôler la puissance. Le
gréement paraîtra beaucoup plus élastique et facile à contrôler une fois la
tension réduite. Penser à remettre de la tension si le vent mollit, sinon la
puissance et le cap en souffriraient.
Quête de mât
Nous recommandons un
réglage de quête unique. En cas de quête excessive, c’est la vitesse au vent
arrière qui est sacrifiée.
Naviguer au portant
Dans le petit temps,
le barreur veille à l’équilibre du bateau et s’avance pour ne pas laisser
traîner la voûte. Surveiller les turbulences du sillage. Pas de coups de barre,
s’efforcer de « cajoler » le bateau pour l’amener dans la bonne direction
avec une barre légère et un peu de gîte. Ne pas oublier de régler le génois
en permanence – ne pas le laisser
décrocher. Enrouler le génois quand sa chute se referme complètement sur la
grand-voile.
L’équipier
règle la hauteur du tangon pour obtenir un friselis régulier du bord d’attaque
du spi et le garder ! Un bord d’attaque qui ne frise pas indique une voile trop
bordée. Garder le tangon le plus au vent possible sans créer de distorsion de
la voile.
Au portant, le mât le plus vertical possible donnera en général la meilleure
vitesse. Augmenter le creux de la grand-voile par le réglage de la bordure en
évitant de déventer le spi. En cas d’excès de puissance dans les bords de
largue, brider la grand-voile pour garder le centre d’effort à l’avant.
Reprendre la bordure, mollir le hale-bas et remettre du cintre. Barreur et
équipier se reculent pour garder le safran dans l’eau.
|
VENT (nœuds) |
|
1 - 6 |
7 - 10 |
11 - 15 |
16 - 20 |
21 + |
|||
QUETE
|
METRIQUE |
7595 mm |
7570 mm |
7545 mm |
7520 mm |
7500 mm |
|||
|
|
IMPERIAL |
24’11’’ |
24’10’’ |
24’9’’ |
24’8’’ |
24’7’’ |
|||
|
TENSION (aux
haubans, jauge Superspars) |
M2 / EPS |
350 lbs |
400 lbs |
400 lbs |
400 lbs |
350 lbs |
|||
|
ETAMBRAI |
PRE CINTRER 30 mm |
Neutre |
- 10 mm |
Neutre |
PRE CINTRER 10 mm |
PRE CINTRER 20 mm |
|||
|
BORDURE DE
GRAND-VOILE |
LACHER 20 mm |
LACHER 10 mm |
ETARQUEE |
ETARQUEE A FOND |
ETARQUEE A FOND |
||||
HALE-BAS
|
|
ZERO |
REPRENDRE LE MOU |
MEDIUM |
MAXIMUM |
MAXIMUM |
|||
|
|
PRINCIPE |
|
Le 2ème penon en partant du haut doit
décrocher 50% du temps |
Contrôler le vrillage et aplatir la grand-voile |
|||||
|
CUNNINGHAM (au près) |
ZERO |
ZERO |
ZERO |
MEDIUM |
MAXIMUM |
||||
|
ECOUTE DE
GRAND-VOILE |
TRES PEU (ne pas fermer la chute) |
Essayer de garder la bôme au centre et contrôler le vrillage
en équilibrant écoute et hale-bas |
LAISSER FILER POUR RESTER PLAT |
IDEM |
|||||
|
CHARIOTS
D’ECOUTE DE FOC depuis : |
LIGNE CENTRALE |
400 mm |
400 mm |
400 mm |
400 mm |
400 mm |
|||
|
|
TABLEAU ARRIERE |
2800 mm |
2840 mm |
2880 mm |
2840 mm |
2820 mm |
2820 mm |
||
|
GUINDANT DE
FOC |
Laisser des
rides perpendiculaires au guindant |
Laisser des rides |
Laisser des rides |
Supprimer les rides |
Etarquer à fond |
||||
|
ECOUTE DE FOC |
Border jusqu’à ce
que tous les penons flottent horizontalement |
Ecoute bordée à
fond, choquer dans les surventes |
|||||||
CUNNINGHAM : Peut être également utilisé au
portant dans la brise, pour aplatir la grand-voile, ouvrir la chute et laisser
le vent s’écouler.
QUETE DE MAT : Mesurée de la bande de jauge
noire de tête de mat (sachant que la distance de la bande de jauge au
vit-de-mulet doit être de 6248 mm / 20’6’’) au centre de l’arête supérieure du
tableau arrière.
LE BATEAU
Depuis quelques années, les
tolérances se sont resserrées et les formes de coque et de quille n’évoluent presque
plus. Bien entretenus, les bateaux anciens restent compétitifs. Une règle
récente permet de les repeser chaque année et comme beaucoup de bateaux ont des
correcteurs de poids, il est désormais possible de leur garder le poids minimum
pendant de nombreuses années.
La quille devrait être
également au poids minimum (169 kgs). Si la vôtre est au-dessus, je recommande
de la forer pour l’alléger, en conformité avec les règles de classe. Elle
devrait également être au maximum du profil latéral autorisé.
Les safrans modernes
optimisent les tolérances pour donner un bord d’attaque plus vertical et ainsi
un toucher de barre plus fin. Le safran doit être au poids minimum (3,8 kgs). Les
axes sont généralement inox avec en haut et en bas des paliers nylon qui ont
tendance à s’user, source de jeu et de vibrations. Les remplacer dans ce cas.
Coque, quille et safran doivent être parfaitement lisses et propres.
LE GREEMENT
Les mâts les plus courants sont le Superspars M2 et le Proctor Epsilon. Le
pied de mât est généralement placé à 3777 mm de la face arrière du tableau (jusqu’au
boulon arrière de pied de mât). La quête est mesurée en attachant un décamètre
à ruban à la drisse de grand-voile et en bloquant la drisse quand on lit 6248
mm entre la bande noire de tête de mât et le vit-de-mulet. Dans cette position,
la quête est mesurée entre la bande de tête de mât et le centre du tableau.
Avec le génois hissé pour 350 lbs de tension de gréement, la quête devrait être
approximativement de 7570 mm (24' 10"). Pour des équipages légers dans la
brise, la quête peut être augmentée jusqu’à 7500 mm (24' 7").
Des deux fabricants de voiles qui naviguent dans la classe, Goacher préfère
un mât légèrement plus droit avec moins de quête. Alan Bax de Pinnell & Bax
utilise un peu plus de quête et de pré-cintrage. Les deux réglages donnent des
performances similaires sur un triangle, c’est donc à vous de faire votre choix
et d’être en phase avec les réglages de base recommandés par votre voilier.
Pour réussir une mise au
point optimale des voiles, il faut que tous les systèmes puissent jouer
librement, aient la bonne démultiplication, soient étalonnés et tombent
parfaitement sous la main. Les spécifications majeures sont les suivantes :
Grande écoute
La majorité des
bateaux utilisent maintenant une écoute montée sur une patte d’oie, avec une estrope
double fixée de chaque côté du tableau arrière et une écoute qui revient le
long de la bôme jusqu’à la tourelle centrale. Dans la brise, une
démultiplication supplémentaire peut être ajoutée, pour un contrôle plus facile
de la grand-voile. L’avantage de l’écoute arrière réside dans la capacité à
centrer la bôme dans le petit temps et le medium. Il existe avec ce système un
risque de surborder et de brider la chute, il faut donc border doucement et
bien regarder ses penons de chute. Ce système n’est pas très efficace pour
réguler la tension de la chute lorsque la bôme est débordée. Dans la brise, un
bon système de hale-bas sera indispensable pour ramener la bôme vers le bas.
Rails d’écoutes de foc
Avec un large génois
recouvrant, la position du chariot et la tension de l’écoute jouent un rôle
capital dans les performances. Les positions de base du chariot sont à vérifier
avec votre voilier. La tension de l’écoute doit être régulée en s’assurant que
les penons portent simultanément dans des conditions de vent normales. Dans la
brise, les penons du haut doivent décrocher en premier.
La tendance récente
est d’utiliser des chariots sur roulements réglables depuis la position de
rappel au vent. Il est toujours utile dans la brise de reculer le chariot à
mesure que le vent monte afin d’empêcher le couloir entre le génois et la
grand-voile de trop se fermer quand la grand-voile est choquée dans les risées.
La position des chariots d’écoute de foc est cruciale pour les performances et
peut dans la brise faire toute la différence entre se battre contre le bateau
et être capable de se concentrer sur la course et la tactique. Je recule les
chariots de jusqu’à 15 cm par forte brise.
Cale d’étambrai
Le contrôle de la
position du mât à l’étambrai va beaucoup conditionner le cintre du mât et le
profil de la grand-voile, donc les performances. La tendance est d’utiliser un
levier sous le pont pour à la fois bloquer tout cintrage du mât ou au contraire
le pré-cintrer. Le génois hissé, avec une tension de 350 lbs, et la cale de mât
libre, je marque des deux côtés de l’étambrai la position neutre que le mât
adopte naturellement.
Quand barreur et
équipier sont au vent, je repousse le mât d’à peu près 10 mm en arrière de la
position neutre. Quand je me retrouve avec trop de puissance, je reviens à la
position neutre. Quand l’équipier est au milieu du cockpit, je relâche la cale.
Et dès que l’équipier est obligé d’aller sous le vent, je tire le mât vers
l’avant presque au maximum pour créer un pré-cintrage qui va aplatir la voile,
libérer la chute et permettre au bateau d’avancer.
Tension de gréement
Les voiliers
fournissent des recommandations de tensions de gréement en fonction des forces
de vent. Pour les mâts standards, elles vont en gros de 300 à 400 lbs. Il est
important d’étalonner ces tensions et de disposer d’une commande de réglage
facile. Dans la forte brise, diminuer la tension jusqu’à 250 lbs est assez
efficace. Sur plans d’eau intérieurs où les conditions sont par définition très
changeantes, je recommande une tension moyenne autour de 350 lbs.
Bordure et Hale-bas
Il existe différents systèmes pour
ces réglages. L’important est qu’ils soient bien placés et suffisamment
démultipliés pour être repris facilement en navigation.
Il est capital
d’étalonner les principaux réglages, et d’avoir des marques repères pour
reproduire les positions de base. Marquer la drisse de grand-voile, la tension
de gréement, les rails d’écoutes de foc, et la balancine. Je recommande aussi
l’étalonnage des écoutes de foc, qui permet à l’équipier de re-régler très vite
après un virement et d’obtenir un réglage homogène sur les deux amures. Sans
repère, beaucoup d’équipiers ont tendance à régler le génois différemment d’une
amure à l’autre.
MENER LE BATEAU
Si vous naviguez sur des
plans d’eau intérieurs, les conditions peuvent être extrêmement changeantes. Le
vent peut souffler en rafales et mieux vaut alors choisir de bons réglages
moyens pour pouvoir se concentrer sur la vitesse, la tactique et la stratégie,
plutôt que de chercher à ajuster constamment le gréement.
Dans ces conditions, les
réglages clés sont le hale-bas et les écoutes. La partie basse du génois est
bordée à l’intérieur. On génère ainsi au niveau du bas de la grand-voile un
recouvrement important, mais qui se réduit rapidement vers le haut, et tout le
haut de la grand-voile peut travailler dans de l’air frais non perturbé par le
génois.
Cela donne le vrillage caractéristique de la grand-voile : proche de la
ligne centrale dans sa partie basse, la chute assez ouverte au-dessus du
couloir. Quand le gréement se retrouve en excès de puissance, il est nécessaire
de soulager la grand-voile d’une façon qui n’oblige pas à laisser filer la bôme
trop loin de la ligne centrale – pour éviter le déventement de la partie basse
de la voile. On y parvient en utilisant le cunningham, la tension du gréement,
le rail d’écoute de foc et le hale-bas.
Dans les petits airs, l’équipier s’assoit sous le vent et le barreur à
l’intérieur pour créer de la gîte. La bôme est bordée légèrement à peut-être 10
cm de la ligne centrale, le hale-bas maximum pour cintrer le mat et aplatir le
bas de la grand-voile. La tension du gréement peut être réduite pour permettre
le cintrage du mât à la hauteur des haubans.
Quand le vent monte, l’équipier vient au milieu, la tension de gréement
peut être augmentée à 300-350 lbs, les rails d’écoute de génois reviennent à
leur position standard et la cale d’étambrai à sa position neutre. Prendre
garde à ne pas surborder la grand-voile, une chute trop fermée ralentirait le
bateau.
Dans la brise : barreur et équipier au rappel, tension de gréement au
maximum (350-400 lbs), cale de mât 10 mm vers l’arrière.
Si le vent continue à monter, le bateau se retrouve en excès de puissance
et il faut alors prendre des mesures progressives pour dissiper cette
puissance. La tension de gréement doit être réduite, la position de
pré-cintrage neutre appliquée et la bordure et le cunningham graduellement étarqués.
Dans des conditions extrêmes, les rails d’écoute de foc seront reculés au
maximum et on pourra donner davantage de quête au mat. Dans la brise, une
tension trop forte du hale-bas peut créer des faux plis dans la grand-voile,
entre les barres de flèche et le point d’écoute, ce qui affecte fortement le
profil de la voile. Réduire dans ce cas la tension du hale-bas jusqu’à faire
disparaître les faux plis.
CONCLUSION
Dans la classe Flying
Fifteen, les vitesses des bateaux sont très proches, les manches très disputées.
Stratégie et tactique sont les principaux facteurs de succès. Cependant, tous
ceux qui sont prêts à se donner du mal pour garder le bateau plat gagneront beaucoup
à mieux comprendre l’effet des réglages et se donner la possibilité de “changer
de rapport” avec les conditions.
©David McKee 2001
Tension de gréement
En mettant le gréement en
tension, on réduit la courbure du guindant de foc et on en raidit son bord
d’attaque. Cela permet de pointer plus haut, mais en réduisant la tolérance du
foc aux variations du vent et à l’effet des vagues, on augmente donc le risque
de décrochage. Par conséquent, dans des conditions de clapot ou dans une forte
brise, nous naviguons avec un peu moins de tension, 350 lbs. Dans toutes les
autres conditions, nous naviguons avec 400 lbs.
Quête de mât
La quête de mât est
mesurée du haut du mât au haut du tableau, la cale d’étambrai relâchée. Nous
recommandons de naviguer avec une quête de 24' 10" – 24' 11" dans toutes les conditions. Nous préférons ne
pas toucher aux ridoirs de haubans (si les conditions changent on se retrouve
avec un mauvais réglage) mais de dissiper la puissance autrement. Pour les
équipages légers cependant, cela peut valoir la peine d’augmenter la quête dans
une forte brise établie.
Pré-cintrage
Une fois réglées la tension
et la quête, vérifier le pré-cintrage avec la cale d’étambrai en position
neutre (c’est-à-dire quand aucune force n’y est appliquée). Nous naviguons avec
un pré-cintrage de 1" (2,54 cm) mesuré en amenant la drisse de grand-voile
bien tendue à toucher le mât au niveau du vit-de-mulet. La distance entre le
mât et la drisse à la hauteur des barres de flèche est le pré-cintrage. Vous
pouvez être amené à modifier l’angulation des barres de flèche vers l’avant ou
vers l’arrière pour obtenir le pré-cintrage désiré – ceci n’affectera pas vos
réglages de quête et de tension.
Position de la quille
Sur l’Ovington Mark 9
Smoothy, nous positionnons l’avant du bourrelet de quille à 3940 mm du tableau
(les boulons avant à 3885 mm du tableau). Sur l’Ovington Mark 10, la quille est
un peu plus en arrière, l’avant du bourrelet à 3912 mm du tableau (les boulons
avant à 3857 mm du tableau).
Cale d’étambrai
La cale d’étambrai
contrôle le creux de la partie inférieure de la grand-voile en contrôlant le
cintre de la partie basse du mât. Le gréement à 400 lbs, le hale-bas molli,
marquer la position neutre de chaque côté.
0-5 nœuds : Quand
l’équipier est assis sous le vent, pré-cintrer le mât en l’amenant vers l’avant
(de 10 mm ou plus) afin d’aplatir la grand-voile. Un vent faible aura en effet
du mal à s’écouler sur une surface incurvée.
5-10 nœuds : Dès que
l’équipier est assis au milieu, laisser la cale revenir à sa position neutre.
10-15 nœuds : Quand
barreur et équipier sont assis au vent ou au rappel, remettre le mât bien droit
en le tirant vers l’arrière de 12-13 mm depuis sa position neutre. Cela donne
de la puissance à la grand-voile.
15+ nœuds :
Lorsqu’on se retrouve en excès de puissance, laisser la cale revenir à sa
position neutre et faire progressivement cintrer le mât de 10 mm.
Hale-bas
Le hale-bas contrôle le
vrillage de la grand-voile et est utilisé en conjonction avec la grande écoute.
Il faut conserver la grand-voile aussi près que possible de la ligne centrale
jusqu’à ce qu’on se retrouve en excès de puissance. Dans les petits airs, on
utilise la tension de grande écoute pour contrôler le vrillage de la chute,
puis on reprend le mou du hale-bas. Quand on est amené à choquer, chercher à
mettre suffisamment de hale-bas pour que le plus haut penon de chute flotte
horizontalement 80% du temps, c’est-à-dire qu’il décroche de temps en temps.
Bordure
Au près, la bordure doit
être étarquée jusqu’à la bande noire dans toutes les conditions, sauf dans le
petit temps accompagné de clapot où on peut la mollir de 1,5 cm. Vent arrière,
mollir de 2-3 cm (sauf si en excès de puissance, auquel cas ne pas y toucher). Au
largue, ne mollir que de 1,5 cm pour garder la surface de voilure maximum.
Cunningham
A n’utiliser qu’au près à
partir de 15 nœuds et au-delà. Dans ces conditions, on peut s’en servir pour
supprimer une partie des plis qui se forment à partir du guindant de
grand-voile. Mais ne pas chercher à les supprimer totalement.
Génois
La tension est réglée à
400 lbs comme point de départ. Certains profils de voiles peuvent demander des
tensions différentes, mais l’idée générale est que plus la tension est forte
moins le guindant est arrondi (un guindant arrondi creuse le foc) et mieux le
bateau peut pointer. Mollir la tension du gréement va effectivement creuser le
foc et donner plus de vitesse et moins de cap, mais cela va aussi permettre au
mât de se cintrer davantage, ce qui sera avantageux dans la forte brise et dans
le petit temps (une grand-voile plate est plus efficace dans les petits airs)
car on ouvre ainsi la chute et on dissipe la puissance.
La tension du tissu le
long du guindant de foc (le gréement par ailleurs sous tension) affecte
également le creux. Etarquer le guindant ramène le creux sur l’avant et réduit
la capacité à faire du cap. Le garder molli procure une entrée plus fine et
permet ainsi de pointer plus haut, mais barrer devient plus délicat. Comme
règle de base simple, quand on prend dans la main le bout de tension du
guindant au niveau du point d’amure, on doit pouvoir le tirer vers le bas de 6-7
mm (¼") avant qu’il ne durcisse.
Les angles entre l’écoute
de foc et d’une part sa bordure d’autre part sa chute doivent être d’environ 45
degrés, avec là aussi des variations possibles d’un modèle de voile à l’autre.
Utiliser les trois penons comme guide, et changer l’angle de tire pour leur permettre
de flotter tous ensemble. Quand le vent monte, on peut déplacer le chariot de
2-3 cm vers l’arrière, bien que relâcher un peu la tension du gréement permette
aussi de mieux aplatir la partie basse du foc. On pourra éventuellement
dissiper de la puissance en choquant l’écoute de foc de 12-13 mm (½") sans
perdre beaucoup de cap. On marquera les écoutes de foc, ce qui permettra de
reproduire exactement sur l’autre amure le meilleur réglage. Essayer aussi de noter
les réglages qui fonctionnent le mieux selon les conditions. Par ailleurs,
quand le vent faiblit et que l’équipier doit rentrer à l’intérieur, il est
judicieux de choquer légèrement l’écoute de foc (12-13 mm, pas plus) afin de
conserver la vitesse et d’éviter les décrochages. Naviguer au près avec les
penons de foc au vent à 45 degrés (sauf dans les petits airs) donne le meilleur
cap et dissipe l’excès de puissance sans perdre en vitesse.
Grand-voile
Prendre garde à ne pas
surétarquer la drisse de grand-voile dans le petit temps, cela aurait le même
effet que de souquer le cunningham, c’est-à-dire ramener le creux vers l’avant,
ce qui n’est jamais très bon dans les petits airs. En fonction du modèle, la
voile aura besoin d’être hissée jusqu’à 12-13 mm (½") en-dessous de la
bande noire. Cela ne s’applique ni au medium ni à la brise.
Pour les bateaux gréés
avec une patte d’oie de grande écoute, s’assurer que la double estrope est
suffisamment longue pour passer dans la poulie de bout de bôme. Sinon, on aura
du mal à régler l’écoute dans le petit temps. Dans les petits airs, on cherche
à conserver la bôme près de la ligne centrale, mais sans surborder (surborder
fermerait la chute et ferait décrocher la voile).
Régler la grande écoute
(ou le hale-bas, dans des conditions plus musclées) de façon à ce que le penon
du haut soit au bord du décrochement 20-30% du temps. Quand on a trop de
puissance, reprendre du hale-bas et choquer de l’écoute. On peut aussi diminuer
la tension du gréement et relâcher la cale d’étambrai. N’utiliser le cunningham
que lorsqu’on a beaucoup d’excès de puissance, et ne pas chercher à supprimer
tous les plis de la voile avec le cunningham car on ouvrirait trop la chute et
on perdrait en cap. Essayer de garder la grande écoute en main, pas au
coinceur, pour bien accompagner le vent. Comme pour le foc, si le vent mollit,
choquer un peu d’écoute etc.
Au près, conserver la
bordure étarquée dans toutes les conditions (la relâcher éventuellement de
12-13 mm dans le medium en cas de clapot). Au vent arrière la laisser filer de
50 mm, au largue moitié moins.
Conserver le bateau plat
au portant, et plutôt légèrement gîté au près.